Gottfried Feder : Un visionnaire contre l’usure et pour l’économie nationale
Dans l’histoire des idées politiques et économiques, Gottfried Feder occupe une place unique en tant que critique virulent du capitalisme financier et défenseur d’une économie au service de la nation. Né en 1883, Feder commence sa carrière comme ingénieur avant de se tourner vers l’économie, où il développe une vision radicale contre l’usure et la spéculation.
Feder rejoint la Société de Thulé en 1918, un cercle pangermaniste influent, où il affine ses idées sur une économie enracinée, libre de l’emprise capitaliste internationale. Un an plus tard, il participe à la fondation du Parti Ouvrier Allemand (DAP), qui deviendra le NSDAP. Ses théories séduisent Adolf Hitler, qui voit en elles une voie pour concilier justice sociale et ambition nationale.
Au cœur de sa pensée, Feder dénonce un système où la dette et les taux d’intérêt servent d’outils de contrôle, permettant à une élite déconnectée des nations de prélever un « impôt invisible » sur les travailleurs. Il oppose le capital productif, fruit du labeur et source de prospérité collective, au capital spéculatif, qu’il juge parasitaire et concentré dans les mains d’une minorité.
Feder propose une réforme ambitieuse : abolir le prêt à intérêt, nationaliser les banques, instaurer un monopole étatique sur la monnaie, confisquer les fortunes spéculatives et interdire les pratiques financières prédatrices. L’objectif est de redonner la priorité à l’industrie nationale et au travail, loin des diktats des marchés boursiers.
Dans les années 1920, Feder joue un rôle clé dans l’élaboration du programme en 25 points du NSDAP. Cependant, des tensions émergent entre les courants révolutionnaire et conservateur au sein du parti. La Nuit des Longs Couteaux en 1934 sonne le glas des espoirs révolutionnaires, et Feder est écarté du pouvoir.
Aujourd’hui, les idées de Feder semblent prémonitoires face à l’endettement croissant des États, à la mainmise des banques centrales et à la financiarisation qui privilégie la spéculation au détriment du travail réel. Sa question persiste : peut-on prétendre à l’indépendance nationale sans s’attaquer aux chaînes de la finance internationale ?
La réponse, aujourd’hui comme hier, reste ouverte. Les idées de Feder continuent d’inspirer ceux qui rejettent un capitalisme déraciné et cherchent une alternative pour libérer les nations de l’emprise de la finance internationale.